Le quatrième trimestre de l'enfer - La Méthode Freyja

La grossesse pas au top, mais pas pire, je me dis que le meilleur reste à venir. La maternité c’est censé être chouette ! J’ai de l’espoir.

J’arrive à la fin. Nous sommes en Janvier et j’ai l’intuition que petit chat arrivera en avance. Je le sais, je le sens.

 

Quand tu perds toute ta confiance

et que tu ne sais PLUS RIEN. Ta culotte est mouillée. Tu t’es fais pipi dessus ? C’est les eaux ? Combien dois y en avoir ? Faut y aller tu crois ? Je panique pour rien ? Bref, tu ne sais plus comment tu t’appelles.

Allez go au CHU, il est 3h du matin, le Jeudi 23 Janvier. Je suis sur un nuage. Très contente d’être débarrassée de la grossesse, je vais pouvoir enfin dormir sur le ventre ! Et donc dormir pour de vrai ! (Naïveté quand tu nous tiens !). Oui parce-qu’après pour peu que tu allaites ou non, tu vas avoir les seins gonflés à bloc, pour ma part, très très douloureux, toutes les 3/4h. Mais j’y reviendrais. 

Pour l’heure, le boulot commence, j’ai mon plan d’attaque, et le reste on va improviser.

 

Improviser.

C’est le mot. Pourquoi faire un plan quand rien ne se déroule comme prévu ahahaha ! Au moins ça m’a rassurée pour le début !
Faire un plan de naissance c’est cool, ça permet de te poser les bonnes questions, de te renseigner, de te projeter et de trouver la meilleure façon d’accoucher pour toi, et ton partenaire. Bon, tout ne s’est pas passé comme prévu, et Petit Chat a décidé d’arriver la tête en bas (jusqu’ici tout va bien) mais en regardant vers l’autre côté. Autant vous dire que les contractions sont pas les mêmes, car elles vont chercher les reins et paralysent tout le bas du dos. Pour un travail en mobilité, c’est loupé ! Je commence à hurler de douleur et je craque pour prendre la péridurale après des heures et une dilatation qui n’avance pas et reste à 4. Je vous épargne le récit et les hurlements (ah ben j’ai bien connecté le côté sauvage et bestial de la natalité, celui qui te connecte à cette force primaire et naturelle), car après une dilatation express, petit chat arrive. Je suis passée de 4 à j’ai un bébé dans les mains en 10 minutes, après une demi journée à hurler.

 

Le Choc.

Premiers instants, premier cri pour lui, dernier cri pour moi, et voici la surprise.

Le choc.

Je tiens un p’tit truc gluant, la douleur s’est arrêtée, la brûlure a disparue, je ne réalise pas, j’ai envie de dormir, j’ai envie de rentrer chez moi, je capte rien, je vois Mr W.  tout ému, heureux, un sourire énorme sur le visage, je ne sais pas ce que je dois faire, je le regarde, je regarde le p’tit truc, je le regarde à nouveau, je sais pas ce qu’exprime ma tête. Je souris ? Je pleure ? Je ne sais même pas, je ne capte rien. Comment on doit réagir dans ces moments-là ? Elles disaient quoi les mamans sur leurs blogs et leurs posts ? Je sais plus comment je doit être ou ce que je dois. 

La sage femme met Peter au sein, la douleur revient mais de manière plus douce, ce n’est plus la brûlure de métal en fusion ressentie pendant l’accouchement. La péridurale s’estompe. J’ai froid et chaud, je suis toujours mi-figue mi-raison, mais il faut être heureuse, j’ai mon bébé dans les bras, c’est comme ça qu’on fait hein ? Et puis on nous annonce que la chambre sera partagée et que papa ne sera pas là les 3 nuits que je passerais ici. Je m’effondre.

Comment je vais y arriver ? C’est lui qui me dit quoi faire, quoi penser, quoi ressentir, moi je suis déconnectée de tout. Je regarde ce petit humain fragile et ô combien dépendant de moi et j’essai de me rappeler ce que j’ai lu ces 9 derniers mois, de me souvenir quoi faire, comment répondre à ses besoins physiologiques et émotionnels. Ne pas laisser pleurer, réconforter, parler, d’une voix douce, chantonner, le bain, la tétée, les positions d’allaitement, la technique pour mettre bébé au sein. Ses pleurs me font pleurer et je me sens désemparée. Les sages femmes me rassurent. L’allaitement est douloureux, c’est normal c’est le début. Je n’arrive jamais à le mettre au sein seule, il décroche. Je suis si fatiguée. Je ne sens même plus la douleur des tranchées tellement l’allaitement me fait mal. On me donne des crèmes, on me dit que sa posture est bonne, pourtant je n’y arrive pas. Je persévère, je m’accroche. On me demande si c’est mieux comme ci, ou comme ça. Non. On me donne des bouts de seins et de la lanoline. C’est un peu mieux, il faut que les crevasses guérissent.

 

Retour à la maison.

Par chance, mon mari a posé deux semaines de congés en plus de ses pauvres quelques jours de congé paternité. C’est une blague ce congé. Limite du foutage de tronche. Comment voulez-vous qu’en 11 jours la mère se soit assez remise de tout ? Physiquement, émotionnellement, fatiguement ? Elle est chamboulée et on la laisse seule avec un petit humain dépendant H24 qui a besoin de beaucoup d’attention. C’est inhumain.

J’ai donc eu beaucoup de chance car il a repoussé d’encore deux semaines. Par contre l’allaitement c’est horrible. Je garde le bout de sein en silicone et ça continue de faire mal même avec. Personne ne me dit pourquoi, à part de l’enlever le plus vite possible. J’essaie. J’en pleure de douleur. C’est pas possible ! Je garde le silicone, ce plastique qui se met entre mon fils et moi. Je continue machinalement les gestes que j’ai vu dans les bouquins, ce maternage proximal, qui est sensé décupler le lien entre ton bébé et toi, de renforcer cet amour inconditionnel. Je commence à flipper, parce -que je ne ressens pas ça du tout. J’en parle à personne. J’ai peur. Peur de ce bébé, de ce lien non existant, de créer en lui un manque affectif, de m’effondrer, de lui donner du lait en poudre tant diabolisé par les brigades pro-allaitement. Je ne comprends pas. Avec tous mes ateliers sur l’allaitement, le portage, le maternage, mais qu’est-ce que je foire ?

 

Maternage Proximal refusé.

Je continue de m’accrocher. Je me renseigne quand j’ai 5 minutes où je somnole pas. Bébé a des coliques de ouf. Ma maman est venue en renfort et ses mains magiques de magnétisme aident Peter a dormir un peu. Mr W. est formidable avec son fils aussi. Cela me rassure et fait culpabiliser encore plus. Mais qu’est-ce qui cloche chez moi ? Pourquoi je n’arrive pas à allaiter mon bébé ? Pourquoi je ne me sens pas connectée à lui ? Pourquoi j’ai l’impression d’être un robot avec lui ? De pas l’aimer ?

Il a donc ces coliques. Et puis j’avais lu que le portage aidait beaucoup. Nous avons donc des écharpes. Peter n’aime pas être serré. Enfin c’est mon ressenti. Mais tous les bébés kiffent. Alors je dois me tromper. Qu’est-ce que je fais de mal ? Je révise mon atelier portage. Je recontacte ma pote animatrice, elle me refait une vidéo pour que j’améliore. Peter se débat une fois sur deux. Bon :/ C’est peut-être les coliques qui le font tortiller, et l’écharpe l’enserre trop ? J’en sais rien. Ça commence à me courir sur le haricot. Pourquoi c’est si compliqué ? Alors que j’étais partie pour quelque chose de fluide, d’instinctif, de maternel, de naturel ? Pour continuer dans la lancée, on donne la tétine à Peter, contre toutes les recommandations pour éviter la préférence sein-tétine et faire foirer mon allaitement . Mon allaitement, cette blague. Je contacte d’autres personnes de diverses asso parce-que JE SAIS et JE SENS que quelque chose ne va pas. On lui a coupé les freins de langues à la maternité (parce que j’avais insisté pour vérifier, sentant qu’il n’était pas optimal sur ses tétées). On me dit pas grand chose à part d’arrêter tétine et bout de sein silicone. Pas grand chose sur la douleur. J’aimerais que quelqu’un vienne voir Peter téter et le Covid débarque.

On essaie tant bien que mal de se débrouiller lui et moi, et plus ça va, plus je sens de la colère, du dégoût, de moi-même. Un jour je me réveille et cette phrase dans ma tête « Je déteste être maman ». Bam. Le poids sur les épaules s’envole. Je déteste tellement tout ça, je regrette aussi. Ce pauvre bébé qui n’a pas mérité ça. Je l’aime lui, je le sens bien en moi quelque part. C’est pas viscéral comme le décrivent beaucoup de mamans, mais je sens un instinct de protection envers lui tout de même. Mais punaise, être mère ? C’est la MERDE ! (Pardon !!!)

Je commence à craquer tous les jours, puis plusieurs fois par jour. Sans le faire exprès je commence à parler autour de moi, de ce mal être. Je sens la dépression arriver. Ah ben non, elle est déjà là, la fameuse ! Le baby blues. C’est beaucoup moins sexy que le nom qu’on lui donne.

Et puis je parle avec une personne qui se trouve être conseillère en allaitement, et elle me sort qu’elle a l’impression que je fais une aversion. Je regarde sur le net ce que c’est. En plein dans le mille. Que je suis soulagée ! Je sais enfin ce qui cloche. J’ai identifié la chose. Nommer et savoir, c’est le début de la solution. Cela fait plus de trois mois que je sens un truc et que PERSONNE (Pro ou asso) ne me prend au sérieux ou ne m’écoute vraiment, et grâce à elle (Angélique si tu me lit, un MILLIARD de mercis) je vais pouvoir trouver une solution et AVANCER. On découvre en même temps que Peter fait une hypotonie de la mâchoire inférieure, c’est-à-dire qu’il a un tonus amoindri et donc avale beaucoup d’air pendant les tétées. D’où les coliques de malade.

 

Changement de cap.

Il n’en faut pas plus pour que le déclic se fasse. Action – Réaction.

Rdv avec les professionnels pour aider Peter dans un mois ? Non merci. Continuer de repousser mon bébé à chaque tétée ? Non merci . Un petit plop dans ma tête se fait, et je sais que je dois commencer les biberons de lait maternel. Hop, j’ai un tire-lait, ça tombe bien ! On teste le biberon, Peter le prend sans soucis. Yes ! Une victoire ! Enfin ! Mr W. est aussi content de pouvoir partager ce moment avec son fils (même s’il le portait très souvent et s’occupait de lui plus souvent que moi).

Puis un jour, c’est moi qui lui donne le biberon. La révélation. En 3 mois et demi, je me sens maman pour la PREMIÈRE FOIS.

C’est le choc. Les émotions se bousculent, j’ai l’impression de rencontrer mon fils pour la première fois également. J’en pleure. De l’écrire, j’en pleure encore ! Je me rends compte que le tire-allaitement me fait le même effet que la tétée. On découvre que j’ai aussi un vasospasme. C’est la goutte d’eau. Je décide de passer au biberon de lait en poudre bio. Je sais que mon lait est le meilleur, mais j’ai aussi entendu dans ces réunions et ateliers sur l’allaitement qu’une maman bien dans shoes, c’est plus important pour un bébé heureux.

 

Conclusion.

Quasiment tout ce que j’avais envisagé et prévu pour cette maternité, grossesse, éducation ne s’est pas déroulé comme prévu. Le maternage proximal et approximatif, les valeurs écologiques ont été balayées (je n’ai pas eu la force de me mettre aux couches lavables, on prévoit ça pour ses 6 mois ! Enfin, on verra ! ), et je ne fais plus de plans. J’ai des idées, des directions, et je verrais avec mon bébé où il souhaite aller. On fait ce chemin ensemble, tous les 3, et maintenant je me sens maman pour lui. 

Du coup, je ne fais pas de plans sur la comète concernant la DME, l’école à la maison (ou le unschooling), les couches lavables, le minimalisme et tout ça. On improvisera, tout en continuant d’écouter le rythme de petit chaton, ainsi que le nôtre. J’ai passé une journée seule avec Peter et tout s’est passé à merveille. Cela m’a redonné le boost dont j’avais besoin depuis ces péripéties, et un peu confiance. Je me pose toujours autant de questions, mais maintenant je sais que la réponse viendra d’elle-même, car dans notre tribu, on lâche rien, et on peut compter les uns sur les autres.

Ce petit chat a été un tsunami auquel je n’étais pas prête. Je savais que c’était une sacrée aventure. Et elle ne fait que commencer !

 

Je remercie mon mari qui a été un soutient, un pilier, un père et un mari extraordinaire. 
Je remercie tous les professionnels, les associations qui aident les mamans dans ce quatrième trimestre dont on parle peu (et qui souvent se passe mieux hein, je vous partage juste mon expérience, ce n’est pas tout le temps comme ça ahah !).
Je remercie tous ceux qui ont été bienveillants envers moi, encore aujourd’hui, les oreilles attentives, les rigolades, les échanges et le soutient. 

C’était un partage de mon expérience. Beaucoup de mamans autour de moi (quasi toutes !) on eu des allaitements longs et souvent merveilleux. Je ne prône ni l’un ni l’autre, je prône l’écoute de soi et de son bébé.

 

Bravo si vous avez lu jusqu’ici, je ne pensais avoir tant de choses à raconter ahahah !

 

Des bisous émus, 

 

Ophélie.

 

Quatrième trimestre de l'enfer

Les blablas de Freyja

libero quis, velit, quis luctus efficitur. mattis odio pulvinar ut facilisis

Envie de découvrir mes 7 Rituels Bien-Être pour une semaine ressourçante en famille ?

Un programme d'une semaine pour :

-> Développer la communication au sein de votre foyer

-> Renforcer la connexion et les liens entre chacun de ses membres

-> Augmenter le bonheur de votre famille

-> Vous accorder du temps de qualité à vous-même et aux personnes que vous aimez

Vous avez bien été inscrit. Vous allez recevoir un premier mail... Merci !